11 novembre 2009
l'espionne que j'aime pour toujours

10 novembre 2009
hors-la-loi recherché
beauté dessinée
25 octobre 2009
Pieds liés
20 octobre 2009
J'ai failli attendre
11 octobre 2009
Coeur
29 septembre 2009
Shibari
Dimanche après-midi, quelque part près de Lyon.
Voir le site Art Shibari : http://artshibari.bookspace.fr
26 septembre 2009
Contribution
Le blog "les beaux seins" accueille trois photographies, en noir et blanc. C'est sur cette page.
25 septembre 2009
Dans le train de Nice
Trente-cinq minutes d'attente. Mon premier jour de vacances commençait bien, vraiment ! Qu'allais-je faire ? Commencer un livre emporté pour occuper mon voyage en train ? Acheter un magazine, me battre contre les définitions de mots-croisés ? Hésitante, j'oscillais entre le kiosque, les strapontins placés le long d'un mur, la station debout face à l'horloge aux lourdes aiguillles... et me décidai pour le photomaton. Un dossier réclamait une photo d'identité, je n'en avais pas sous la main : autant occuper mon temps utilement.
Le photomaton était occupé. Cinq minutes à patienter, cinq minutes gagnées sur le temps qu'il me retait à attendre. Un homme tira le rideau et sortit. Il était grand. Il me faudra remonter le tabouret, pensais-je machinalement tout en le détaillant. Chemise au col ouvert, jeans et baskets : son allure décontractée lui allait bien. Il se planta devant le photomaton, mains dans les poches, tandis que j'entrai. Quelques minute encore, avant de prendre le train...
L'attente est pernicieuse, elle force la mâchoire à bâiller, elle pique les paupières et peu s'en faut qu'on ne s'endorme. Nice et son soleil m'attendaient en fin de parcours mais c'était une campagne uniforme qui défilait sous mes yeux fatigués. Le roulement du train me berçait, je m'enfonçai un peu plus dans mon siège, allongeai les jambes.
L'homme du photomation avait pris place dans le compartiment. Ou peut-être n'était-ce pas lui ? Je n'avais pas la vue claire. C'est un léger bruit qui me réveilla. Il venait de s'adresser à moi, me demandait quelque chose que je n'avais pas saisi. J'esquissai une moitié de sourire et refermai les yeux. Il devait comprendre que je n'étais pas en état de répondre. Entre mes cils, je le vis placer une valise au-dessus des sièges qui me faisaient face. Ou plutôt, je regardai face à moi ses fesses moulées dans son jeans. Image qui me procurerait de jolis rêves sans doute.
Un doigt frôlait l'échancrure de mon chemisier, s'attardant autour d'un bouton, revenait sur ma peau en dessinant un triangle. Un souffle, des lèvres sur ma nuque. L'homme en jeans ? Je n'avais pas la force d'ouvrir les yeux pour le vérifier. Les sensations semblaient ne me parvenir qu'à travers le prisme du sommeil.
J'ouvris complètement les yeux, reposée, pleine d'entrain, au moment de l'arrivée en gare. Dans le compartiment se trouvait effectivement l'homme en jeans. Je n'avais pas rêvé. Ou pas tout. Au souvenir de ce que j'avais imaginé, je fus subitement prise de confusion. J'offrais un joli spectacle vraiment, mi-allongée dans le siège, jupe remontée sur les cuisses. Est-ce que je m'étais masturbée dans mon sommeil ? A cette idée je sentis mes oreilles rougir. Que s'était-il passé au cours de ce voyage ? M'étais-je offerte en spectacle ? Avait-il participé ? Je devais heureusement sortir de suite. J'aurais été trop honteuse de poursuivre ce voyage en sa compagnie.
La descente sur le quai me permit de reprendre mes esprits. L'air me vivifia. Après tout, peu importait, les vacances commençaient...
23 septembre 2009
Nouvelle sur le thème "scolaire" (2) : Sur le chemin de l'école
J'ai écrit un deuxième texte pour le concours d'écriture de Photosensualité, sur le thème "scolaire". Cette nouvelle se nomme Sur le chemin de l'école.
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Chaque matin, chaque après-midi, c'est la même course contre la montre. Être à l'heure à l'école, arriver au moment de l'ouverture du portail, pousser les enfants à avancer alors qu'ils traînent les pieds, crier de ne pas traverser seuls quand subitement ils se mettent à courir, me laissant plusieurs pas en arrière, attendre qu'ils remettent leur chaussure quand un hypothétique caillou s'y glisse. Avec deux enfants en école maternelle, la tâche n'est pas de tout repos même si le chemin à effectuer n'est pas très long.
Ce n'est que lorsque chacun a pris place dans sa classe que je souffle, que la cadence peut ralentir, que je me plais à flâner. J'échange quelques bonjours avec un tel, un "ça va ?", une bise claquante. C'est le petit monde affairé des nourrices aux larges poussettes, des mères portant un bébé dans leur écharpe, des pères téléphonant à peine sortis de l'enceinte de l'école, de ceux et celles qui doivent vite se rendre à leur bureau, des vélos que l'on enfourche, des voitures que l'on récupère. Ce moment est mon moment de liberté, privilège de mère au foyer. Ou du père parfois.
Car il y en a un que je croise ainsi. Sa fille, une petite aux cheveux tressés, se trouve dans la classe d'un de mes enfants. Ils semblent nouveaux dans le quartier car je ne me souviens pas de les avoir remarqués l'année précédente. Parce que nos enfants sont dans la même classe, nous avons progressivement mis en place un "bonjour" réciproque le matin. Le mien avec un sourire, le sien avec un regard que je qualifierais de narquois, un regard où semblait pointer une gentille moquerie, une pointe, un trait d'humour non formulé. La première fois, je me suis demandée ce que j'avais fait : était-ce ma tenue ? ma figure ? mes cheveux pas très bien coiffés ? Et puis j'en ai pris mon parti, il a ce regard quand il m'adresse la parole. Et à moi seulement. Car j'ai mené en quelque sorte mon enquête pour savoir si ce regard est constant, adressé à toutes et à tous. Ce n'est pas le cas. Le regard narquois n'est jamais que pour moi.
Seulement, je l'avoue, ce regard ne me laisse pas insensible. Si bien que je suis déçue quand je ne croise pas cet homme. Si bien que je ralentis parfois légèrement pour me mettre à la portée de son bonjour. Ce regard étrange me transperce. Il n'y a pas d'autres mots. J'ai cherché, essayé d'analyser. Il me transperce. Je me sens subitement vulnérable, touchée, et cela fait un méli-mélo tel dans mes pensées que je ne sais pas ou plus le pourquoi, le comment ni surtout ce qu'il provoque exactement en moi.
Je n'ai pas tardé à le savoir. Un jour, sur le chemin du retour, nous avons fait quelques pas ensemble. Et même davantage qu'il n'aurait dû, m'accompagnant au-delà du croisement où il bifurque habituellement. La conversation a débuté platement sur la réunion d'information organisée par l'école et puis subitement j'ai croisé son oeil narquois. "Vous me plaisez", m'a-t-il dit. Vu le méli-mélo dans lequel j'étais, je n'ai rien trouvé de mieux à répondre que "vous aussi". Je me suis mordue les lèvres, sachant qu'une réponse correcte aurait été très différente de celle donnée. Mais quand on a un méli-mélo dans sa tête, que dire d'autre ? Les réponses correctes existent-elles ? J'aurais dû fuir, peut-être ? Seulement ça fait des noeuds dans mon ventre, je palpite, je pense à ses mains sur mon corps et cela n'a pas arrangé pas la situation. Au lieu de le sentir presser ma poitrine comme je me suis plu à l'imaginer, il a souligné d'un doigt l'ovale de mon visage. J'ai frémi. Il a souri en enroulant mes cheveux autour de son doigt : "je le sais depuis longtemps". Et puis, baissant la tête, shootant dans un caillou, il m'a dit : "restons-en à ce constat, cela vaudra probablement mieux pour tous".
Les réponses correctes existent bel et bien, même quand un regard trahit les dires. Nous nous sommes séparés sur cet effleurement, en revenant de l'école... Le méli-mélo existe toujours en moi, j'ai simplement appris à l'apaiser et à le laisser murmurer.
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